Actualités des jardiniers

 (source : site mission eau , mars 2016)

Les pesticides, une menace toujours d’actualité pour l’environnement et la santé

L’utilisation des produits phytosanitaires (ou pesticides) s’est généralisé à partir des années 70. Les produits chimiques sont apparus comme une solution rapide et efficace pour désherber ou lutter contre les ravageurs et maladies des plantes.

Pourtant, outre le risque potentiel pour la santé humaine et l’appauvrissement de la biodiversité qu’ils représentent, leur usage important a une incidence néfaste sur le milieu naturel, par l’infiltration dans les eaux souterraines et par ruissellement dans les fossés et rivières. De plus, les stations d’épuration n’étant pas équipées pour permettre leur traitement, ils sont également rejetés dans les eaux superficielles même lorsqu’ils sont collectés par les réseaux d’assainissement. En France, les pesticides sont largement retrouvés dans les analyses d’eau. En 2002, 45 % des analyses en eaux souterraines et 75 % des analyses en eaux superficielles montaient la présence de pesticides, en 2011 ces taux avaient évolué à 64 % pour les eaux souterraines et 93 % pour les eaux superficielles (Rapport de l’IFEN (Institut français de l’environnement).

 

 

 

Abeilles : les épandages de pesticides interdits pendant la journée

Abeilles

 Article du journal le monde du 29 avril 2014:

Le ministre de l'Agriculture veut limiter la forte mortalité des insectes pollinisateurs.

En matière d'abeilles, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a pris le dossier à bras-le-corps, lui qui symboliquement a installé cet hiver quatre ruches dans le jardin de son ministère. Il vient encore de le prouver ce lundi lors d'un point d'étape sur le plan de développement durable de l'apiculture, le premier en la matière, qu'il a mis en place en 2013 pour une durée de trois ans.

En période de floraison des cultures, potentiellement de mars à octobre, les agriculteurs ne pourront utiliser des traitements contre les insectes qu'après le coucher du soleil. Une décision que Stéphane Le Foll a prise après avoir pris connaissance des conclusions d'une étude de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) sur les épandages de pesticides. Ce travail «conclut de manière claire que les abeilles sont sensibles à la lumière  ; il va falloir qu'on modifie les pratiques d'épandage vers des épandages le soir», quand les abeilles ne butinent plus, affirme-t-il.

Même avant le lever du soleil, ces traitements, jusqu'ici autorisés uniquement dans la mesure où ils comportent la «mention abeille», représentent un danger selon l'Anses. «Ils laissent des traces de pesticides dans l'eau, dans la rosée, qui peuvent perturber les abeilles», indique l'agence. L'enjeu est de taille car la France figure au premier rang européen pour la mortalité de cet insecte indispensable à la pollinisation des fleurs. «L'Anses a noté une perte de 13% des colonies d'abeilles d'avril à septembre en France, indique Axel Decourtye, directeur scientifique et technique de l'Itsap (Institut de l'abeille). Cet insecte est essentiel pour l'alimentation humaine, qui dépend pour un tiers d'une pollinisation par les insectes.»

Concrètement, il faudra attendre un peu pour que cette décision soit applicable. «Un arrêté interministériel d'interdiction des épandages en journée est en cours de rédaction et doit être publié au Journal officiel d'ici trois à quatre mois», précise un responsable de la protection des végétaux à la Direction générale de l'alimentation au ministère de l'Agriculture.

Rémanence des produits sur les végétaux

Une bonne nouvelle pour les associations de défense des abeilles. «À l'exception des abeilles sauvages nidifiant dans le sol, l'absence de luminosité représente en effet la seule garantie permettant de s'assurer de l'absence de butineuses dans les cultures, explique Axel Decourtye. La rémanence des produits sur les végétaux implique également de proscrire leur application en fin de nuit ou à l'aube.»

En revanche, les industriels des produits phytosanitaires sont sceptiques. «Nous n'avons pas été consultés par rapport à cette décision que nous apprenons par les médias. Nous pensons qu'elle sera difficile à mettre en œuvre et qu'elle présente des risques pour les utilisateurs et pour la faune sauvage (gibier, insectes nocturnes…) qui ne s'arrête pas de vivre la nuit, souligne Eugénia Pommaret, directrice de l'Union des industries de protection des plantes (UIPP). C'est une fausse bonne idée. Il faudrait déjà compléter l'arrêté existant du 28 novembre 2003 en détaillant les bonnes pratiques culture par culture pour réduire des risques pour les abeilles.» Ou alors trouver des alternatives aux traitements existants pour sauver les abeilles sans remettre en cause les rendements: une équation très complexe à résoudre!

 

 


 

 

 NEWS : Les pesticides interdits dans les espaces verts et les jardins !!

C'est une petite avancée dans la bataille contre les pesticides : le Parlement a définitivement adopté, jeudi 23 janvier, une proposition de loi écologiste qui interdit en France les produits phytosanitaires (insecticides, herbicides, fongicides, etc.) dans les espaces verts publics à partir de 2020 et dans les jardins particuliers à compter de 2022. 

L'Assemblée nationale a voté ce texte dans les mêmes termes que le Sénat le 19 novembre.

45 % DE FRANÇAIS JARDINIERS AMATEURS

Le texte interdit aux personnes privées ou publiques d'utiliser, à partir du 1er janvier 2020, les produits phytosanitaires pour l'entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades « accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public ou privé », à l'exception des voies ferrées, des pistes d'aéroport ou des autoroutes pour des « raisons de sécurité publique ». Les pesticides pourront par contre toujours être utilisés en cas d'urgence sanitaire.

Par ailleurs, à partir du 1er janvier 2022, la commercialisation et la détention de produits phytosanitaires à usage non professionnel seront interdites. Cette disposition vise les 45 % de Français qui possèdent un jardin ou un potager. Au total, cette loi concerne 5 à 10 % des pesticides utilisés en France — le reste étant destiné à l'agriculture.

PRODUITS DANGEREUX

« Ce texte est une grande avancée qui va changer la vision et le comportement des gens par rapport aux pesticides, se félicite Brigitte Allain, rapporteuse (EELV) de la proposition de loi et députée de la Dordogne. S'ils ont pu donner l'illusion d'une solution miracle pour leurs utilisateurs, ces produits sont avant tout dangereux, pour les hommes et les écosystèmes. »

En juin, une vaste expertise collective pilotée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avançait une « présomption forte » de lien entre certains cancers ainsi que la maladie de Parkinson avec l'usage de pesticides chez les professionnels qui les manipulent. Selon l'étude, l'exposition des femmes enceintes — les agricultrices mais aussi les femmes qui utilisent les pesticides à des fins domestiques — augmente également le risque, pour l'enfant à naître, de tumeurs cérébrales, de leucémies, de troubles de la motricité fine ou de déficit cognitif.

 « Les jardiniers et non-professionnels ne sont pas formés pour les manipuler. Même à faible dose, ces produits exposent la population, et notamment les enfants et les femmes enceintes, plus fragiles », confirme François Veillerette, président de l'organisation non gouvernementale Générations futures, association qui se consacre à la lutte contre les pesticides, et qui regrette toutefois le long délai de mise en application de la loi.

Pour Brigitte Allain, ce calendrier doit permettre aux collectivités de former leurs agents à de nouvelles pratiques, et aux industriels d'orienter leur recherche et leur production vers des solutions plus naturelle

 

Les pesticides en chiffres

La France est le plus gros utilisateur de pesticides en Europe avec 5,4 kg utilisés en moyenne par hectare et par an. Si la situation tend à s'améliorer, les dégâts irrémédiables sont malheureusement bien là. Tour d'horizon des chiffres officiels.

> La France enregistre un bien triste record : celui d'être le plus gros consommateur de pesticides d'Europe ! En terme de comparaison, les agriculteurs français utilisent quasiment les mêmes tonnages d'insecticides que les Etats-Unis pour une surface agricole 10 fois moindre !
> Globalement depuis quelques années les tonnages tendent à se réduire comme l'attestent les chiffres publiés par l'Observatoire des Résidus de Pesticides (100 000 tonnes par an en 2001 pour 76 000 tonnes en 2004, soit -24%). Mais ces chiffres sont à modérer, car dans le même temps, les pesticides utilisés ont gagné en puissance et donc en toxicité !
> Dans le détail, les plus gros consommateurs de pesticides sont les cultures de céréales, de maïs, de colza et la vigne. Globalement, 80% des pesticides sont utilisés pour traiter moins de 40% de la Surface Agricole Utile (SAU).
> Le record revient aux viticulteurs qui utilisent à eux-seuls 20% des tonnages pour une SAU de 3% seulement ! Cette utilisation intensive sur le sol français a des effets dramatiques comme l'on s'en doute. Ainsi, selon l'Institut Français de l'Environnement (IFEN) le bilan est lourd : En France, la moitié des cours d'eau et près d'un tiers des nappes souterraines contrôlées en 2004 présentaient des traces significatives de pesticides.
> Selon le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF), les pesticides sont présents également dans nos aliments et notamment dans plus de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive !
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Dans cette invasion au quotidien, la vigne et le vin sont particulièrement montrés du doigt. Selon une étude menée par les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) soutenue en France par le MDRGF, 100% des vins conventionnels (bio et intensifs)  testés sont contaminés par les pesticides. Les échantillons testés ont laissé paraître une moyenne de plus de 4 résidus de pesticides différents avec pour certains jusqu'à 10 pesticides détectés ! Sachant que ces produits chimiques ont des effets toxiques sur la santé (perturbations hormonales, problèmes de fertilité, perturbations du développement des fœtus...), il est plus que temps d'agir ! > Suite au Grenelle de l'environnement, l'Etat Français s’est engagé à réduire de moitié en dix ans la quantité d’insecticides et d’herbicides utilisés en France. D’ici à 2010, 53 molécules à risques seront retirées du marché ou leur usage divisé par deux. Les premiers retraits du marché sont programmés d'ici la fin 2008 pour 1500 produits jugés « préoccupants » pour l’environnement et la santé.
> Ce premier pas en avant devra s'accompagner de la valorisation des pratiques culturales biologiques tant chez les agriculteurs que chez les particuliers. (source : aujardin.info)

 

 

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Date de dernière mise à jour : 27/03/2016